Une histoire de résilience – Sephora
- Meg Sauvé

- il y a 4 heures
- 3 min de lecture
Quand Sephora a immigré au Canada en 2022, ce n’était pas par choix, mais par nécessité suite à l’assassinat du président d’Haïti en 2021: « Quand le premier homme de la nation peut être assassiné dans sa propre maison, on commence à remettre en question sa propre sécurité. »

Sephora est arrivée en Colombie-Britannique avec son mari et leur jeune fille, Yolanda, après que son employeur de 7 ans lui ait offert un poste dans leur bureau national de Vancouver. C’était une opportunité, mais l'une accompagnée de nombreux défis.
« Quand on s’installe dans un autre pays par obligation, en tant que mère, c’est vraiment difficile de tout recommencer. Et quand on fuit pour sa sécurité, pour sa vie, on ne planifie rien et on n’emporte presque rien avec soi. »
Préserver sa culture
Sephora a grandi en parlant créole et français en Haïti. Mais à leur arrivée à Vancouver, Yolanda était encore très jeune. Elle commençait à peine à marcher et ne parlait pas encore.
Peu de temps après leur arrivée, Yolanda a commencé à fréquenter une garderie anglophone, et Sephora craignait que sa fille n’apprenne jamais le français.
« Dans ma culture, on vit en famille. Les grand-mères sont proches, les tantes sont proches, même la voisine fait partie de la famille. La langue est toujours à côté. »
Le déménagement à Vancouver a été un choc culturel: « Le Canada est un beau pays, mais j’ai ressenti la différence tout de suite. Les gens ne conversent pas vraiment entre eux. Ils ne connaissent ni le voisin de gauche ni celui de droite. »
Souhaitant créer des liens, se faire des amis et continuer son immersion canadienne, Sephora a commencé à rechercher des programmes communautaires, y compris ceux offerts en français.
C’est ainsi qu’elle a découvert le programme HIPPY offert par Réseau-Femmes Colombie-Britannique.
Faire place à la connexion
Lorsqu’on lui demande ce qui a le plus changé dans sa vie depuis qu’elle participe au programme, Sephora répond sans hésiter:
« C’est une obligation souple de me réserver du temps de qualité avec ma fille. »
Même les jours où elle se sent épuisée ou dépassée, le programme lui donne de l’énergie. Que ce soit lors des visites de sa visiteuse à domicile, Makalé, ou en réalisant les activités hebdomadaires avec Yolanda, ces moments partagés sont devenus profondément significatifs pour Sephora.
Yolanda a déjà remarqué la différence: « Elle ne se souvient pas que je la lave, que je l’habille, que je lui brosse les cheveux, que je la nourris, mais elle se souvient que je joue avec elle. »
Avant notre départ, Sephora a partagé une dernière réflexion: « J’aimerais que votre programme dure 10 ans! »
Un premier programme francophone en Colombie-Britannique
Les programmes Chez moi au Canada offerts par Réseau-Femmes Colombie-Britannique sont les premiers du genre dans la province – une étape importante pour Les mères comptent Canada, dont le bureau national est situé à Vancouver.
Le programme est mené avec passion par Naouar Belhou, appuyée par une équipe dévouée composée de deux visiteuses à domicile, Makalé Simba et Ines Mizero.
Grâce à un réseau de plus de 55 partenaires à travers le pays, Les mères comptent Canada offre des programmes d’un océan à l’autre. Depuis 2000, nos programmes Chez moi au Canada ont soutenu plus de 27 000 mères et transformé plus de 66 000 vies.




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